Souveraineté narrative contre les structures coloniales d’enfermement : Autrices et artistes de Cuba, d’Haïti et des nations autochtones au Québec en conversation

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:ProQuest Dissertations and Theses (2025)
Autor principal: Agou, Sarah Françoise Éliane
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ProQuest Dissertations & Theses
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Acceso en línea:Citation/Abstract
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Descripción
Resumen:Ma dissertation conceptualise la résistance à l’enferment dans les productions littéraires et cinématographiques de dix autrices cubaines, haïtiennes et autochtones du XXème et du XXIème siècles. Je trace l’histoire de ce que je nomme l’idéologie occidentale de l’enfermement, un enfermement géographique, mais aussi politique, identitaire et économique, mis en place par les gouvernements occidentaux sur les espaces et communautés colonisées. Ces structures sont particulièrement saillantes dans des espaces à la souveraineté contestée, comme les Nations autochtones au Québec, Cuba et Haïti. Je propose une lecture des politiques d’enfermements à la fois des individus et des communautés développées dans le continent européen et qui ont été adaptées sur Abya Yala, tels que les pensionnats ou encore les institutions de travail forcé. Ces espaces carcéraux ont joué un rôle central dans les déplacements forcés et le travail non- ou sous-rémunéré, et ont tenté de vider l’espace de ses occupant·es pour faciliter l’extractivisme des ressources naturelles (chapitre 1). An Antane Kapesh (Innu), Marie Vieux-Chauvet (Haïti) et Daisy Rubiera Castillo (Cuba) combattent les enfermements coloniaux qui se matérialisent par les stéréotypes de genre, de race et de classe. Leur critique est à la fois historique et politique, déconstruisant les identités imposées de l’extérieur pour reconstruire l’histoire coloniale depuis leur point de vue de femme racisée (chapitre 2). La poésie de Soleida Ríos (Cuba) et Joséphine Bacon (Innu) rend lisibles des formes d’habitation du territoire profondément ancrées dans leur héritage afro-cubain et innu respectif. Leur recherche poétique de la liberté s’oppose à l’idéologie occidentale de l’enfermement par la revendication de déplacements tant physiques que spirituels (chapitre 3). Le roman permet à Emmelie Prophète (Haïti) et Dazra Novak (Cuba) d’explorer des pratiques alternatives d’habiter la ville, l’espace domestique et le corps féminin non-hétéronormatif, et ce en contexte de crise du logement (chapitre 4). Caroline Monnet (Anishinaabe et française) et Gessica Généus (Haïti), dans leurs films de fiction, construisent des dialogues intergénérationnels qui proposent de renverser les structures coloniales, notamment économiques et politiques, dont elles rejettent la légitimité historique, dans le but de reconstruire leur communauté grâce à une praxis décoloniale (chapitre 5). En ouvrant des dialogues entre ces dix autrices et artistes, ma thèse contribue à déconstruire l’idéologie de l’enfermement en proposant une archive multi-genre qui transcende les frontières générationnelles, linguistiques, raciales et nationales issues de la colonisation européenne et affirme en lieu et place une souveraineté narrative. My thesis puts in conversation 20th and 21st century literary and cinematographic productions from Cuban, Haitian, and Indigenous women voicing their resistance against enclosure. I trace the history of what I call a Western ideology of enclosure that Western governments imposed upon colonized spaces and communities. These structures of enclosure, which are not only geographical but also political, identitarian, and economic, are particularly visible when they affect nations whose sovereignty is contested, such as Indigenous nations in Quebec, Cuba, and Haiti. I explore how early European capitalists developed policies of enclosing individuals as well as entire communities, then implemented them on Abya Yala through colonization. These carceral spaces, including residential schools and forced-labor camps, played a key role in displacing and exploiting communities while emptying vast spaces to facilitate land extractivism (Chapter 1). An Antane Kapesh (Innu), Marie Vieux-Chauvet (Haiti), and Daisy Rubiera Castillo (Cuba) write against the colonial enclosures that gender, class, and race hierarchies maintain. Their work constitutes both a historical and a political critique as they rewrite colonial history from their vantage point of racialized women (Chapter 2). Soleida Ríos (Cuba) and Joséphine Bacon (Innu) write poetry that make visible practices of inhabiting the territory deeply rooted in their respective Afro-Cuban and Innu heritage. They explore poetic freedom against Western ideology of enclosure by expressing both spiritual and physical motions throughout the territory (Chapter 3). In their novels, Emmelie Prophète (Haiti) and Dazra Novak (Cuba) seek alternative practices of inhabiting cities, domestic spaces, and non-heterosexual female bodies in the context of a housing crisis in Port-au-Prince and Havana (Chapter 4). Caroline Monnet (Anishinaabe and French) and Gessica Généus (Haiti) film intergenerational dialogues that aim to disrupt the economic and political structures that rule their respective community. Rejecting the legitimacy of these colonial structures, they work to enhance the diverse forms of their community’s sovereignty thanks to a decolonial praxis (Chapter 5). My dissertation draws on an archive of multiple genres that transcends generational, linguistic, racial, and national borders. Opening dialogues between these ten women authors and artists contributes to deconstructing a Western ideology of enclosure and affirming narrative sovereignty instead.
ISBN:9798290931296
Fuente:ProQuest Dissertations & Theses Global